Le petit FREUD illustré

Jean-Jacques RITZ        
Mercredi 3 juin 19 h MJC Lyon 5ème



 
  Ce  dictionnaire  impertinent  et  moqueur  sur  la  psychanalyse  et  la  psychologie  témoigne  d’une
réalité  qui  est  vraiment  d’actualité.  Démontrer  que  les  théories,  les  doctrines,  les  idéologies  et  leurs
représentants  doivent, un jour ou l’autre, passer par le filtre bienfaiteur de l’humour, et que si elles s’y
refusent elles tombent dans le totalitarisme et la toute puissante et du coup dans  l’empêcher de pensée.
Malheureusement bien des courants intellectuels, politiques, scientifiques et religieux se prennent très
au sérieux au point d’être menaçants pour la liberté de pensée, la liberté  de communiquer et de vivre. Il
est facile d’en trouver des exemples. 
  La psychanalyse, elle-même, n’a pas échappé à la tentation de toute puissance en se décrétant 
parfois parole de vérité, seule bonne philosophie de la pensée et  de l’esprit, sans laquelle il n’y a pas de
salut.  C’est  dommage  et  c’est  même  affligeant.  Des  positions  rigides  et  un  dédain  pour  les  critiques
parfois judicieuses et constructives l’ont amenée à un certain isolement et à une crise importante depuis 
une vingtaine d’années. Bien entendu elle a été soumise à des attaques violentes, injustes et délirantes, 
symptomatiques  de ceux qu’elle dérangeait ou qui désiraient  la réduire à une science occulte.
  Or, à nos yeux, et dans notre pratique, la psychologie et la psychanalyse, deux disciplines nées au
XXème siècle sont porteuses d’un message important : celui de respecter la pensée d’autrui et sa liberté.
De le faire savoir et d’y participer activement. A nos yeux psychanalyse et psychologie doivent même
militer en ce sens. La personne bien que liée de façon cachée, symbolique ou latente à son inconscient
reste un être libre. Libre de pensées, de créer et de changer. On sait d’ailleurs combien sont absentes des
régimes  totalitaires  ou  autoritaires  toutes  les  disciplines  des  sciences  humaines  (philosophie,
psychologie,  sociologie,  anthropologie,  etc..).  Et  parfois  maltraitées,  rejetées,  vouées  aux  enfers.
Aujourd’hui  l’approche  psychiatrique  et  psychologique  est  centrée  sur  le  cognitivisme  et  le  neuronal,
sans parler des hypothèses généticiennes, remettant la personne dans un cadre objectif (et objectivant)
et  l’éloignant  de  tout  travail  de  pensée  et  de  responsabilité.  La  psychanalyse  poursuit,  malgré  les
difficultés  évoquées,  son  appel  au  respect  et  à  la  reconnaissance  du  sujet  dans  son  histoire,  son
inconscient, ses désirs et ses  recherches créatives et pacifiques.
  C’est  dans  ce  sens  que  le  PFI  revendique  sa  fonction  de  « livre  rose  de  la  psychanalyse ».  Les
auteurs  qui  ont  une  sérieuse  formation  et  une  pratique  journalière  de  la  psychanalyse  sur  le  plan
individuel et sur le plan groupal  et qui ont participé et participent à la recherche et à l’enseignement
sont  particulièrement  bien  placés  pour  aborder  de  façon  originale  les  théories  et  concepts
psychanalytiques,  souvent  brocardés  et  mal  compris.  En  ce  sens  ils  suivent  la  pensée  de  Pascal  en
remplaçant  le  mot  philosophie  par  celui  de  psychanalyse :  « Se  moquer  de  la  psychanalyse,  c’est
vraiment psychanalytique ! ».
En l’occurrence nous ne sommes pas pionniers. Cela va en énerver quelques uns et en faire rire d’autres.
C’est le risque à prendre lorsque l’on veut faire de l’humour. Et du côté de l’humour il y a, semble-t-il,
dans nos sociétés de réels efforts à faire ! L’actualité dramatique nous le rappelle.

 
Jean Jacques RITZ est avec Damien AUPETIT l'auteur du "PETIT FREUD ILLUSTRE"
Editions de l'Opportun, Paris Février 2015