NO ÉS AIXÒ, COMPANYS, NO ÉS AIXÒ (...) POTSER CAL SER VALENTS ALTRE COP I DIR NO, AMICS MEUS, NO ÉS AIXÒ (1)

Nouvelle  référence  aux  années  70,   où  les espoirs  nés  de  68
n’empêchaient pas la lucidité : ces paroles d’une chanson en catalan,
de Luis Llach, sont celles d’un refrain que l’on peut résumer ainsi : Ce
n’est  par  pour  ça  camarades  que  nous  nous  sommes  battus  (...),  il
nous  faut être  courageux  une  nouvelle fois  et  dire  non, amis  miens,
dire non.
  ÇA ? C’est  la démolition de l’État providence - le welfare state
des Anglo-Saxons, et pour nous ce qui fut mis en place par le CNR -
pour le plus grand bonheur de la finance, qui a tellement vaincu que
sa victoire est en train de la naufrager, et le monde avec.
  ÇA ? C’est le jeu de rôle auquel s’adonnent un ex et un actuel
présidents qui confondent débat politique et petites phrases d’histrions :
face  au  débat  entre  l’ami  de  la  finance  et  celui  qui  se  déclare  son
ennemi, la finance est restée sereine.  
  ÇA  ? C’est  la  mise  en  cause  de  la  laïcité  par  l’un  qui  veut  la
«moderniser», par l’autre qui bafoue le protocole républicain issu de la
laïcité en se coiffant d’un signe religieux avant de prendre part, en tant
que président de la République,  à une cérémonie politico-religieuse.
  ÇA ? C’est se promener avec des criminels de guerre venus à
Paris  se  dédouaner  de  leurs  propres  crimes  à  l’occasion  de
l’hommage à Charlie, (et aux autres victimes ?).
  ÇA  ? C’est  utiliser   les  drames  des  7,  8  et  9  janvier   pour
imposer,  trois  mois  après,   un Patriot  Act  à  la  française,  dans  une
ambiance de maccarthysme moralo-judiciaire, où, au nom de Voltaire
et de la tolérance prônée par lui, n’être pas Charlie vous transforme en
suspect, voire en graine de terroriste. 
  ÇA  ? C’est  vanter  l’Europe  et  la  France  comme  foyers  des
droits de l’homme, et   rétablir sans l’avouer l’opération italienne Mare
Nostrum (180  000  rescapés  en  2014,  pour  3300  morts)…quant  au
seul  budget,  budget   maintenant   attribué  à  l’opération
européenne Frontex (Triton), dont le rôle salvateur  est transféré de la
sauvegarde  des  réfugiés  à  la  seule  sauvegarde...  des  frontières
européennes  (6000  secourus  pour  plus  de  4000  noyés  dans  les
quatre  premiers  mois  de  2015)!  Une  excellente  caricature  de  Kroll
illustre la chose : depuis la terre ferme, un Européen s’adresse à des
réfugiés  du  Sud  entassés  dans  une  barque et  leur demande  s’il  y a
des  Arméniens  parmi  eux...  afin  de   leur  souhaiter  un  bon
anniversaire! S’agit-il de notre président ? Il est en effet  le héraut des
commémorations et celui qui, dans un élan de solidarité inouïe, parmi
des millions de Syriens réfugiés - sans parler des autres - propose que
la France accueille... 5 à 700 réfugiés syriens !


ÇA  ? C’est  prétendre  combattre  le  FN  en  essayant  de  le  surpasser  dans l’islamophobie pour l’un, pour l’autre en le comparant au PCF, et donc en le dédouanant. Ah! la fusion des extrêmes qui sert d’intelligence à ceux qui renoncent à penser !  
Est-ce à dire que l’ex et l’actuel, qui se veulent futurs, sont semblables ? Non, parce que pour que le jeu de rôle se poursuive, il doit conserver ses acteurs. Et s’il est un dogme, c’est  bien  celui-là  :  le  jeu  de  rôle  doit  perdurer,  camouflé  qu’il  est  sous  le  terme  de
démocratie.
 
Et si, dans ce jeu de rôle, ce duel à langues de bois, et face  à l’ex qui se veut chef des  Républicains,  l’actuel  dégainait  une  riposte  foudroyante  en  se  proclamant  chef  des Démocrates ?  Pas si impensable que cela, la boucle de l’adhésion de la majorité de nos
responsables politiques aux thèses du  libéralisme serait ainsi bouclée. 
L’improbable  ?  Disons  non,  amis  nôtres,  disons  non  à  tous  ces ÇA !  C’est  la condition pour re-construire et dire enfin cet improbable oui...


L’Improbable
 
(1) No és això, companys, no és això,pel que varen morir tantes flors,pel que vàrem plorar tants anhels. Potser cal ser
valents altre cop i dir no, amics meus, no és això.